Deuxième épisode d’une mini-série destinée aux curieux ignorants que nous sommes…

Désormais, nous questionnons notre Chat presque tous les jours.
Mais une fois la puce sortie des usines de TSMC, l’histoire ne fait que commencer.
Nous avions volontairement laissé de côté cette partie de la chaîne de valeur lors du premier épisode.
Pourtant, c’est aujourd’hui ici que se joue l’essentiel de la bataille de l’intelligence artificielle.
Qui fournit quoi ? Qui facture qui ? Où se crée réellement la valeur ?

1. Les Data Centers

Les GPU (ces puces de luxe spécialisées en calcul) sont installés dans d’immenses centres de données.

Principaux acteurs :

  • Microsoft (États-Unis, Nasdaq) via Azure
  • Amazon (États-Unis, Nasdaq) via AWS
  • Alphabet / Google (États-Unis, Nasdaq) via Google Cloud
  • Oracle (États-Unis, NYSE) via OCI
  • Meta (États-Unis, Nasdaq)
  • CoreWeave (États-Unis, Nasdaq)

Ces infrastructures consomment électricité, refroidissement et équipements informatiques afin de produire de la puissance de calcul.

 

Cette puissance constitue la matière première de l’intelligence artificielle.
Elle est ensuite louée aux concepteurs de modèles.

2. Les concepteurs de modèles

Grâce à cette puissance informatique, certaines entreprises entraînent des modèles capables d’analyser et de générer du texte.

 

Principaux acteurs :

  • OpenAI (États-Unis, non cotée) avec GPT
  • Anthropic (États-Unis, non cotée) avec Claude
  • Google DeepMind (Royaume-Uni / États-Unis, filiale d’Alphabet) avec Gemini
  • Meta (États-Unis, Nasdaq) avec Llama
  • Mistral AI (France, non cotée) avec Mistral Large ou Magistral

Ces modèles apprennent à partir de volumes gigantesques de textes, d’images et de données.

3. Les modèles

Le modèle est à l’IA ce que le moteur est à une voiture.

 

Les principaux modèles actuels :

  • GPT (OpenAI)
  • Claude (Anthropic)
  • Gemini (Google)
  • Llama (Meta)

L’utilisateur ne les voit généralement pas.
Ce sont pourtant eux qui réalisent le travail de compréhension et de raisonnement.

4. Les applications

Le grand public n’utilise généralement pas directement les modèles.

 

Si le modèle est le moteur, l’application est la voiture.

  • ChatGPT (OpenAI)
  • Claude (Anthropic)
  • Copilot (Microsoft)
  • Gemini (Google)

C’est par leur intermédiaire que nous dialoguons avec les modèles.

5. Chatbot, assistant et agent : trois niveaux d’usage

Le chatbot : il dialogue.

 

« Explique-moi ce qu’est un semi-conducteur. »

 

L’assistant : il aide.

 

Il résume des documents, prépare des réunions ou rédige des emails.

 

Exemple : Copilot dans Microsoft 365.

 

L’agent : il agit.

 

Il peut exécuter des tâches pour vous dans d’autres applications : réserver un voyage, remplir un formulaire, effectuer un achat ou envoyer un email.

 

L’utilisateur lui fixe un objectif ; l’agent réalise l’action.

 

C’est notamment la promesse de Muse, le nouvel agent IA de Meta.

6. Les éditeurs de logiciels

Ils intègrent l’IA dans les outils utilisés au quotidien.

  • Microsoft (Copilot, Microsoft 365)
  • Salesforce (NYSE)
  • Adobe (Nasdaq)
  • ServiceNow (NYSE)
  • SAP (Allemagne, Xetra + NYSE)

7. Les flux de valeur

Du quartz au chatbot, la chaîne de valeur ne s’arrête évidemment pas à la fabrication des puces.

 

Après les mines, les raffineries, les wafers, les fondeurs et les fabricants de processeurs viennent :

  • 📍 Datacenters
  • 📍 Modèles
  • 📍 Applications
  • 📍 Chatbots
  • 📍 Assistants
  • 📍 Agents
  • 📍 Éditeurs de logiciels
  • 📍 Utilisateurs

C’est dans cette partie aval que se joue aujourd’hui une grande partie de la bataille entre Microsoft, Google, Meta, OpenAI et Anthropic.

 

Et l’on commence également à visualiser les flux d’argent :

  • Nvidia facture des GPU à…
  • Oracle, qui facture des heures de calcul à…
  • OpenAI, qui facture un abonnement à…
  • Nous, qui payons ChatGPT Plus ou Copilot.

Derrière une simple conversation avec une IA se cache donc une succession d’acteurs dont chacun tente de capter une partie de la valeur créée.

Tous les bénéfices de l’intelligence artificielle ne reviendront pas nécessairement à Nvidia.
Une partie de la valeur pourrait progressivement se déplacer vers les fournisseurs de cloud, les éditeurs de logiciels ou les futurs agents intelligents.

La sortie de Muse chez Meta constitue d’ailleurs un événement particulièrement intéressant à suivre pour observer cette évolution.

C’était le deuxième post de cette petite série.
Après avoir remonté la chaîne de valeur depuis le quartz jusqu’à la puce, puis de la puce jusqu’à l’utilisateur, il restera encore quelques détours à explorer.

À suivre… 👀